10 mai 2010

DOSSIER SPECIAL ADSL

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L'offre "triple play" (offre concentrant dans un seul forfait l’internet, le téléphone fixe et la télévision) existent pourtant depuis belle lurette en métropole.

Et malgré un démarrage laborieux, le succès est désormais au rendez-vous. Les chiffres publiés la semaine dernière par l’Arcep (le gendarme des télécoms) permettent d’ailleurs de prendre la mesure du phénomène. En métropole, il y aurait 18,5 millions d’abonnés à une offre internet par Adsl.

Près de la moitié de ces abonnés (soit 8,7 millions exactement à la fin du quatrième trimestre 2009) ont accès à un service de télévision selon l’Arcep. Sur un an, (entre 2008 et 2009), le marché affiche une progression de 40%.

Dans l’île, l’arrivée de la télévision sur internet est beaucoup plus récente. Premier à s’être lancé sur la triple play, Only propose une formule depuis février 2008. Loin du succès métropolitain, l’opérateur reconnaît que la triple-play peine encore à trouver son public. "Le marché local est en décalage total avec la métropole.

Aujourd’hui, le taux d’équipement à internet dans l’hexagone est très important. Grâce aux économies d’échelle, les opérateurs métropolitains peuvent inclure la télé pour un coût négligeable", explique David Mignot, le directeur général délégué d’Outremer Telecom pour la zone océan Indien.

Sur ce point, le marché local pêche encore puisque le taux de pénétration du haut débit n’a pas atteint un seuil critique. Selon l’enquête réalisée par Ipsos pour le compte de la Région Réunion, 40 % des foyers de l’île sont équipés d’un accès internet. Un taux à comparer aux 65 % de foyers abonnés au haut-débit relevés par l’Arcep dans l’hexagone.

Mais le sous-équipement des ménages réunionnais n’explique pas tout. Pour imposer leurs formules, les opérateurs doivent aussi intégrer de nombreuses contraintes techniques. "Il faut tout d’abord que la ligne de l’abonné soit dégroupé, ce qui n’est pas le cas pour toutes les lignes de l’île", explique David Mignot.

De plus, le signal Adsl s’affaiblit très rapidement avec la distance. Un client qui veut profiter de la télévision dans les meilleures conditions possibles doit habiter à moins d’un kilomètre du central téléphonique", ajoute le responsable d’Only qui rappelle qu’Only dispose déjà d’un taux de dégroupage record de 80 % sur l’île.

D’après Only, 65 % des clients éligibles finissent par passer le cap et opter pour la télévision. Les 35 % restants sont soit limités par la technique, soit réfractaires à la télévision. En résumé, Only estime que le quart de ses abonnés dispose de la télévision.

Mais l’opérateur alternatif ne considère pas pour autant que l’option n’a pas d’avenir. Bien au contraire. Pour l’entreprise, l’avènement de la télévision sur le net, ce n’est tout simplement pas pour tout de suite. "Il faut encore augmenter le nombre de lignes dégroupées et attendre que les foyers soient davantage équipés.

À l’heure actuelle, la clientèle locale cherche d’abord à souscrire à un forfait internet de bonne qualité et qui soit le moins cher possible. D’ici 2 à 3 ans, ces mêmes clients souhaiteront disposer d’un maximum de contenu dans leur offre. C’est à ce moment que la télévision sur internet connaîtra son véritable essor", prédit David Mignot.

1- Les bouquets satellites en ligne de mire

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Le tout pour les opérateurs, c’est donc de se tenir prêt. Car la concurrence ne reste pas inactive. Exemple avec l’opérateur portois Zeop, qui dispose déjà d’un bouquet record de 53 chaînes.

Dernier arrivé sur le marché de l’internet haut-débit, SFR n’est pas en reste. À l’étroit dans un marché mobile saturé, l’opérateur voit dans l’ADSL un relais de croissance évident.

À l’instar d’Only, SFR mise sur la triple play pour se démarquer. Le succès serait déjà au rendez-vous. "Nos forfaits triple-play représentent déjà 13 % des abonnements que nous commercialisons. Dans les zones dégroupés, ce taux monte même à 33 %", assure Christian Faisy, responsable marketing des services fixes et Adsl chez SFR Réunion. Même son de cloche chez Orange... ...

Avec plus de 10 000 clients pour une offre télé lancée il y a moins d’un an, le leader de l’internet local (Orange compte 110 000 clients Adsl sur l’île) veut croire au succès de la télévision. "Les fournisseurs d’accès ont une carte à jouer sur les offres de services différenciés. Chez Orange, nous restons persuadés qu’un "bundle" (offre groupée) télé bien conçu peut susciter l’intérêt des clients", assure Pierre-Etienne Cizeron, le directeur général délégué d’Orange Réunion. La marque se donne en tout cas les moyens de percer.

Dès la première quinzaine du mois de juin, Orange inclura la télé dans l’ensemble de ses formules d’abonnement, tout en baissant le prix de ses forfaits. Pour se rattraper, l’opérateur proposera un bouquet "premium" qui, pour 12 euros mensuels, offrira de nombreuses chaînes ainsi que des services à valeur ajoutée tels que le téléchargement de vidéos à la demande. Pour être sur de toucher un maximum de clients,

Orange a choisi d’opter pour la technologie satellite. Un moyen de contourner les inconvénients de la technologie Adsl. "En passant par le satellite, nous pouvons toucher dès aujourd’hui 100 % de l’île. Et grâce à l’Adsl nous pourrons proposer des services interactifs dont ne disposent pas les opérateurs satellitaires classiques", indique Pierre-Etienne Cizeron.

À travers son offre, Orange s’attaque donc de manière frontale aux bouquets de télévision satellite "classiques". Ce sont d’ailleurs ces acteurs qui ont le plus à craindre du développement des offres couplées internet et télévision. Pour un client standard, une formule triple-play est financièrement avantageuse.

Pour 60 d’euros en moyenne, l’abonné profite d’un abonnement à internet haut débit, des appels téléphoniques gratuits vers les fixes Réunion et métropole (certains opérateurs offrent en prime plusieurs dizaines d’autres destinations gratuites), ainsi qu’un bouquet d’une trentaine de chaînes. "Pourquoi payer 60 euros pour un bouquet satellite d’une quarantaine de chaînes, alors que l’on ne regardera qu’une partie d’entre elles ?", interroge donc Pierre-Etienne Cizeron.

Un risque qui n’a, semble-t-il, pas échappé au groupe Canal. Pour se diversifier, la marque a fait la démarche inverse d’Orange en passant d’opérateur satellite à fournisseur d’accès à internet. En partenariat avec Only, Canal+ a lancé en 2009 une offre Adsl baptisée Canal Connect.

Orange sur le satellite, Canal sur l’Adsl ? La guerre des offres internet et télévision ne fait que commencer. On estime aujourd’hui que 65 % des foyers disposent d’une offre "élargie" de télévision sur l’île (c’est-à-dire autre que les 3 chaînes locales classiques). De quoi susciter l’appétit de nombreux acteurs.

2- Les Opérateurs se rattrapent sur la location des décodeurs

Tous les opérateurs vous le diront : la télévision sur internet n’est pas nécessairement un bussiness très rentable. Comment font-ils donc pour rentrer dans leurs frais ?

Il faut tout d’abord savoir que les fournisseurs d’accès ne paient aucune redevance pour diffuser les chaînes. Mais les programmes, accessible uniquement à Paris doivent néanmoins être récupérées d’une façon ou d’une autre. Pour ramener les diverses chaînes sur l’île, la plupart des opérateurs passent par le câble Safe et paient donc le droit d’utiliser cette liaison (il faut compter la location d’une centaine de Megabits de capacité, à raison de 186 euros le mégabit).

C’est l’une des opérations les plus coûteuses. Une fois sur l’île, les programmes sont envoyés via le réseau de l’opérateur dans les différents foyers. C’est le deuxième poste coûteux pour les fournisseurs d’accès puisqu’ils doivent équiper leur réseau d’équipements capables de prendre en charge le signal télé.

Pour un opérateur tel qu’Only, l’investissement se chiffre en millions d’euros. Pour se rattraper, la marque propose des services payants comme la vidéo à la demande. Mais ce n’est pas tout. Pour profiter de la télévision, les opérateurs imposent pour la plupart l’utilisation d’un décodeur.

Un appareil qui coûte une centaine d’euros à l’achat et que l’abonné loue environ 6 euros par mois. L’amortissement se fait donc en moins de 2 ans pour l’opérateur qui peut, passer ce délai, profiter de ce forfait pour compenser le coût de location de la bande passante sur Safe.

Certains opérateurs comme Orange et SFR épargnent ce surcoût à leurs clients. Mais que l’on ne s’y trompe pas, ils se rattrapent forcément ailleurs.

3- La Quadruple-play ce n'est pas pour tout de suite

Alors que les formules triple-play (internet, téléphone, télévision) séduisent lentement les consommateurs réunionnais, en métropole la quadruple-play (internet, fixe, télévision et téléphonie mobile) pointe déjà le début de son nez en métropole. Bouygues propose ses forfaits Ideo qui, pour 45 euros par mois, offrent de l’internet, des communications fixes, de la télévision ainsi qu’un forfait de téléphonie mobile de 2 heures.

Orange serait prêt à embrayer avec le lancement dans les prochaines semaines d’une offre quadruple play en métropole. Localement il faudra cependant attendre avant de voir débarquer de telles formules.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un seul opérateur est actuellement en mesure de proposer des offres comprenant l’internet, le téléphone, la télé et le mobile, à savoir Only. Comme la marque d’Outremer Telecom,

Orange et SFR disposent d’une licence d’exploitation mobile. Oui mais voilà, le premier est leader sur le marché l’ADSL, tandis que le second occupe la première place sur le marché mobile. Sur le papier rien ne les empêche de proposer une formule quadruple-play, mais ils s’exposeraient alors au risque de voir un concurrent les attaquer pour abus de position dominante. Only a donc le champ libre sur ce dossier.

Du coup, la marque ne se presse pas. "Nous sommes au stade des études de marché. La question pour nous est de savoir si les Réunionnais sont intéressés par ces formules élargies. Il ne sert à rien de sortir des offres juste pour copier ce qui se fait en métropole", explique David Mignot.

Si Only arrive à sortir une offre à 45 euros, comme c’est le cas dans l’hexagone, le succès pourrait bien être au rendez-vous.

4- Vont-ils craindre l'arrivée de la TNT ?

Si les fournisseurs d’accès de l’île compte énormément sur la télévision pour booster leur vente, l’arrivée de la Télévision Numérique Terrestre pourrait chambouler leurs plans.

Sur le papier, la TNT a tout pour plaire. Accessible gratuitement et partout sur l’île, cette technologie proposera dans un premier temps un bouquet d’une dizaine de chaînes.

L’offre sera complétée par deux nouveaux "multiplexes" qui comprendront vraisemblablement davantage de chaînes locales ainsi que des bouquets payants et en HD.

De quoi faire de l’ombre aux offres de télévision des opérateurs ? Pas du tout à en croire les différents fournisseurs d’accès locaux.

Chez Mediaserv on considère ainsi qu’il y a de la place pour les deux technologies. "Le bouquet TNT est moins complet que la plupart des formules de télévision sur Internet puisque l’on ne compte qu’une dizaine de chaînes d’un côté contre plus du double pour l’Adsl", explique Ehsan Emami, le président directeur général de Mediaserv.

Même son de cloche chez Only. "Nous pouvons très bien diffuser les chaînes de télévision de la TNT par Adsl. Les fournisseurs d’accès ne sont que des hébergeurs de contenus, nous ne sommes pas des éditeurs de bouquets. La différence se fera sur les services payants tels que la vidéo à la demande (VOD)", analyse David Mignot.

Mieux, selon Ehsan Emami, certains modèles de "Set-Top Box" (les décodeurs permettant de traduire le signal Adsl en signal adapté pour le téléviseur) disposent d’une double entrée. La première dédiée à l’ADSL et la seconde à la TNT. "Le client pourra donc profiter à la fois des chaînes de la TNT et du bouquet de son opérateur internet", estime le président de Mediaserv. Le meilleur des deux mondes en somme.

[Clicanoo]

Posté par Shadowman à 13:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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