Polynésie: Les abonnés à Mana lancent une pétition réclamant une facturation du débit réel et l'arrivée de la fibre optique
Un mois après que Mana a réduit le prix de ses forfaits tout en soumettant le consommateur à l'achat d'une “Manabox” dont l'utilité réelle est toute relative, la grogne persiste chez les usagers.
Une pétition vient de paraître sur le net, dénonçant la saturation du réseau, réclamant une facturation du débit réel et non “virtuel”, et l'arrivée de la fibre optique. Les usagers de Mana se plaignent d'un débit parfois sans commune mesure avec le débit promis par contrat.
L'opérateur Mana estime que le réseau n'est pas saturé et que ses conditions de vente évoluent vers plus de transparence. Comme tous les fournisseurs d'accès Internet au monde, Mana agit sur la bande passante descendante en temps réel pour permettre à un maximum d'internautes de rester connectés en période de pointe, et pour préserver leurs marges.
Il existe pour ce faire des outils très performants de gestion et d'optimisation du trafic Internet. Ça s'appelle de la contention, et c'est le même principe que le surbooking des compagnies aériennes par exemple. Aucun opérateur au monde, même le meilleur, ne garantit le même débit à tout le monde, à toutes les heures de la journée et pour tous les usages.
Seules les lignes spécialisées, proposées aux sociétés et très onéreuses, garantissent non seulement le débit souscrit, mais également une symétrie entre bande passante entrante et bande passante sortante.
En ce qui concerne la fibre optique, elle serait sans doute techniquement plus performante, mais probablement très onéreuse pour l'usager, si l'abonnement 8 méga est à 16 500 Fcfp, à quel prix serait le 20 méga par fibre optique ? 20 000, 25 000, 28 000 Fcfp, plusieurs estimations circulent.
Combien de Polynésiens seraient prêts à payer un tel tarif ? Cinq milliards d'investissement, après les cinq milliards du satellite et les 10 milliards de Honotua, pour satisfaire une petite tranche des consommateurs les plus aisés, ça fait réfléchir. Car le taux d'équipement en informatique des foyers polynésiens est supérieur à celui des foyers métropolitains.
En revanche, un tiers des foyers informatisés n'est pas connecté à Internet, et l'on peut se demander si Mana ne devrait pas d'abord s'employer à leur fournir un service abordable.
En France, les grands opérateurs se tournent de plus en plus vers les réseaux LTE ou 4G, avec des débits moyens de 30 mégas descendants, et dont le déploiement coûterait près de cinq fois moins cher. Les choix stratégiques de l'OPT semblent défier la logique. Et même un nouveau réseau en fibre optique ne résoudrait pas tous les problèmes des usagers. Le raccordement entre le boîtier “bord de route” et votre home sweet home coûterait en moyenne 30 000 Fcfp…
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